dimanche 22 mai 2011

A bas l'impunité!

Un peu plus de 2 mois en Uruguay ainsi que 5 mois en Amérique du Sud :) On pourrait expliquer le fait que je me sens si bien ici, autant qu'à Québec, soit car j'ai une très grande capacité d'adaptation ou soit car j'ai beaucoup de sang latino en moi (ou une combination des deux!). Ma vie uruguayienne depuis mon dernier message est beaucoup axée sur le social. J'ai tellement une vie sociale remplit! Avec mes activités à presque tous les soirs, je suis loin de m'ennuyer disons. Je me suis beaucoup plus intégrée dans la communauté couchsurfing de Montevideo, qui est très active et vraiment géniale. Les gens d'Uruguay mais aussi de Brésil, Colombie, Venezuela, d'Espagne, d'Inde ou Finlande que j'ai rencontré sont très attachants, ouverts, simples, super intéressants à cotoyer. Je m'ennuyais de cette âme couchsurfing, que je connais et utilise depuis maintenant 4 ans.


Mon séjour en Uruguay ressemble beaucoup à des vacances. Les cours ne demandent pas beaucoup de travail, commencent toujours 10-15 minutes en retard, sans compter les longues pauses. C'est tellement plus relax qu'à Québec. La façon d'évaluer est aussi différente. Pour nous, les étudiants étrangers, il n'y a que l'examen final qui compte. Mais supposément qu'aucun étudiant en échange ne coule un cours. Certes, j'étudie quand même, mais plutot pour mon plaisir personnel! Mon cours le plus intéressant est politique et société uruguayienne.. C'est drôle, avant je pouvais à peine situer l'Uruguay sur une carte et maintenant, je deviens une pro de l'histoire d'Uruguay (qui est, selon moi, fascinante!)

Je ne suis pas sortie en dehors de Montevideo les dernières semaines. Même si je prévois un voyage en Argentine prochainement, je préfère rester à Montevideo en général les fins de semaine pour profiter du temps libre des gens autour de moi et créer des amitiés durables. Je profite aussi évidemment du nightlife de Montevideo à tous les soirs de fin de semaine ;) J'adore mon séjour à Montevideo, surtout les fins de semaine! Je commence à avoir les larmes aux yeux quand je pense à mon futur départ. Mais j'ai encore du temps!
À chaque jour, il y a au moins une "feria" (marché) à quelque part dans la ville. C'est une des choses que j'aime le plus de la ville. Maintenant, tous les dimanches, je vais à le feria Tristan Narvaja, la plus grosse de la semaine. Aussi, j'aime la simplicité des uruguayiens. Je trouve que se sont des gens relax, ils ont aussi un style décontracté, simple, non artificiel. Je vois peu de filles qui sont maquillées!

Un endroit que j'aime bien et où je vais toutes les semaines est leCafé la Diaria, un centre culturel où il y a également une petite salle de spectacles ainsi que des expositions photos. Ça ressemble au Cercle à Québec! J'y ai découvert un groupe uruguayien que j'ai adoré, El Club de Tobi : http://www.myspace.com/elclubdetobi

J'ai également vécu ma première experience de guerriere killeuse dans une activitépaintball. hehe! C'est confirmé : je ne suis pas faite pour m'enroller dans l'armée.


Une autre activité super intéressante et très différente que j'ai fait est d'assiter à un yoga rave. En gros, on a fait des étirements en groupe, une méditation puis un groupe argentin a commencé à chanter des mantras sur musique électronique. Très entrainant! Évidemment, c'est une soirée sans alcool et drogues. Le tout se termine par une longue méditation de groupe. Oufff, j'étais pleine de bonne énergie en sortant de la et heureuse de cette première expérience!


Finalement, un évenement auquel j'ai participé vendredi dernier est le marche du silence. C'était important pour moi pour mieux saisir une période noire de l'histoire uruguayienne, la dictature militaire de 73-85. Cette marche est en hommage aux quelques 200 disparus durant la dictadure. Un fait important en Uruguay est la loi d'amnistie (la loi de "caducité") qui fait toujours controverse. C'est un accord entre le gouvernement et les militaires lors du retour à la démocracie, loi qui depuis 1986 empêche le procès pour la poursuite des membres de forces de l'ordre soupçonnés de violations des droits de l'homme pendant la dictature. Il y a eu deux réréfendums pour abréger cette loi mais peut-être par peur d'un retour en force des militaires ou pour ne pas raviver ces souvenirs du passé, la majorité de la population a voté contre. Depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir en 2005, quelques procès ont eu lieu, dont celui de l'ancient dictateur au pouvoir, Bordaberry. Par contre, l'impunité des nombreux autres militaires fait toujours controverse. D'ailleurs, le 19 mai dernier, la loi a failli etre annulée.. mais comme il ne manquait qu'une seule voix (un député de gauche s'est retiré au dernier moment, laissant les partisans et les opposants à égalité!) pour l'approbation, ce fut encore une fois un échec. Donc l'ambience était disons très particulière à la marche le lendemain. Le Brésil, le Guatemala, le Paraguay connaissent la meme situation où l'impunité regne. Par contre, le Chili et l'Argentine ont abrégé les lois d'amnistie, ce qui signifie l'ouverture des procès contre les policiers, civils ou militaires ayant commis des éxécutions, tortures ou disparitions.

Graffiti dans le centre de Montevideo " Et si avant de commencer ce qu'on doit faire on commençait par ce que nous aurions du faire? Annuler la loi de la caducité"
Bref, revenons à la marche. C'était la 16e marche organisée à Montevideo. Des milliers de personnes marchent de la place des disparus jusqu'à la place de la liberté, ayant en main, mis à part des centaines de banderoles, des photos des disparus. Arrivé à un certain point durant la marche, quelqu'un crie un par un le nom des disparus et la foule répond : Présent!. C'était très émouvant comme expérience et le silence qui régnait.. quelle puissance! On entendait que les pas, le son des klaxons au loin. Moi, je marchais pour compatiser avec les familles des victimes mais aussi pour tous les disparus et oppressés en ce monde.. ah oui, et aussi pour nous les québécois qui sommes pognés avec Harper jusqu'en octobre 2015... :P